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COMMUNIQUE : Ingénierie de l’État, le gouvernement face à ses contradictions

Alors que Ségolène ROYAL inaugure l’incubateur de la Green Tech Verte, l’administration de la fonction publique menace l’ingénierie de son ministère

La ministre en charge du développement durable, madame ROYAL, se rendra à Champs-sur-Marne ce jeudi 8 septembre, avec madame LEMAIRE, secrétaire d’État chargée du numérique et de l’innovation, pour inaugurer le premier incubateur de la Green Tech Verte, qui a pour ambition de faire émerger des produits et services facilitant la transition écologique et énergétique.

Une visite qui interpelle sur les dissensions pouvant exister au sein du gouvernement sur la technicité de l’État, le ministère de la Fonction Publique de madame GIRARDIN travaillant actuellement sur un projet qui porte une grave atteinte à l’attractivité du recrutement et des parcours des ingénieurs de l’État.

Une visite d’autant plus porteuse de symbole que l’un des deux projets lauréats « école » est issu de l’École Nationale des Travaux Publics de l’État (ENTPE), qui forme le principal corps d’ingénieurs du ministère du développement durable et pour lequel madame ROYAL a porté en juin, auprès de madame GIRARDIN, un projet ambitieux en totale opposition avec celui de la Fonction Publique.

Pour en savoir plus : durant l’été 2015, des textes du ministère de la fonction publique avaient limité drastiquement l’accès aux emplois de direction à l’État et dans les collectivités pour les ingénieurs ne relevant pas des « grands corps d’État », niant au passage l’origine et la qualité des fonctionnaires actuellement en place mais issus de corps moins « prestigieux ».

Aujourd’hui, l’administration de madame GIRARDIN, souhaitant s’imposer en tant que « DRH de l’État », envisage de sceller définitivement ce plafond de verre, en alignant vers le bas les ingénieurs (sur des grilles indiciaires BAC+3 alors qu’ils sont recrutés à BAC+5), interdisant ainsi toute ascension sociale et remettant en cause la formation scientifique et l’expérience technique développée par les ingénieurs au sein de la fonction publique.

A l’heure où des discussions internationales s’intensifient pour l’avenir de la planète, où la transition énergétique s’initie, où des aléas naturels touchent malheureusement durement certains de nos territoires, certains ministres ont pourtant pris conscience des dangers, pour leurs ministères et les politiques qu’ils portent, de ce projet par trop limitatif.

Ainsi, madame ROYAL a instamment demandé à madame GIRARDIN d’aménager une évolution statutaire ambitieuse et porteuse d’avenir pour le principal corps technique d’encadrement de son ministère, rétablissant notamment les débouchés arbitrairement fermés, en dehors de ce projet inadapté.

A la veille de la COP22, les arguments portés par la ministre en charge du développement durable seront-ils entendus pour que l’État puisse s’assurer d’une ingénierie pérenne et attractive au sein du service public ?

Retrouve ici les communiqués du SNITPECT-FO :