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Cerem’avenir : un rapport d’expertise « pour risque grave » au Cerema

Dans le cadre du projet Cerem’avenir, lors du CHSCT d’établissement réuni le 28 novembre dernier, celui-ci a demandé qu’une expertise externe pour « risque grave » soit conduite concernant Cerem’Avenir, conformément à la réglementation prévue en matière d’hygiène et à la sécurité du travail.

Le rapport du cabinet indépendant DEGEST a été publié par la direction générale concernant les risques psycho-sociaux encourus par les agents du Cerema. Ce rapport est une condamnation sans appel de l’entreprise de démolition dont Cerem’Avenir est le nom.

Quelques citations particulièrement significatives (conclusions p. 64 et 66) :

« Ces restructurations permanentes couplées à la baisse des moyens dégradent les conditions de travail et la santé de l’ensemble des agents. Sous cet angle, le Cerema apparaît comme une sorte de cas d’école d’exposition à des risques majeurs d’atteinte à la santé. Nous n’avons pas connaissance, parmi nos nombreuses interventions concernant les Plans de Sauvegarde de l’Emploi dans le secteur privé, d’un exemple d’entreprise soumise à une telle rigueur, sur une telle durée. »

« situations de travail dégradées par tout à la fois : la fuite des compétences, le manque de moyens, le bricolage, l’envahissement du temps de production par les tâches de reporting et de contrôle, la démotivation, et qui finissent par conduire à l’impossibilité de « faire son travail » et de le faire « bien ». Ce travail empêché, théorisé par Yves Clot, constitue un facteur majeur d’atteinte à la santé, »

« le projet consacre une série d’évolutions organisationnelles qui précipite une perte de sens. »

« L’analyse nous conduit à remettre en cause la pertinence de la rationalisation des organisations prévue par Cerem’Avenir au regard de la prévention des risques professionnels, et cela pour au moins deux raisons : une raison contextuelle (aucune évaluation de la charge de travail ne les a précédées) et une raison générique : ces évolutions qui accompagnent toutes les restructurations où il faut faire « plus avec moins » ont des effets contre productifs à long terme qui sont connus. »

« Les risques qui sont ceux d’un PSE, amplifiés semble-il ici par les spécificités qui sont celle de la FPE qui par exemple prévoient pas de façon claire les critères d’ordre des « départs » autorisant par là des conduites individualisées sinon déviantes de défense de son poste. »

« les résultats de l’analyse nous conduisent ici à alerter sur le niveau de troubles comme sur l’intensité des risques professionnels auxquels sont exposés les agents du Cerema »

L’étrangeté de la chose est que le directeur général en a tiré comme seule conclusion qu’il fallait accélérer la mise en place du plan et non le suspendre ou plus opportunément l’abandonner.

FO continue de condamner ce projet qualifié de plan social et a demandé aux membres du Conseil d’Administration comme de la tutelle d’abandonner purement et simplement cette mécanique infernale et autodestructrice.