La colère du SETRA !

Le 20 janvier 2009, le chef de l’Etat était en déplacement à Sourdun, où le SETRA doit être délocalisé à partir du 1er janvier 2011. Les agents du SETRA étaient présents pour manifester. Ils ont été reçus par un conseiller de l’Elysée.La manifestation des agents du SETRA a été encadrée par une multitude de gendarmes, policiers et CRS, à grand renfort de barrages routiers. Le tract qu’ils avaient préparé est téléchargeable ci-contre.

Une délégation du SETRA a pu être reçue par le conseiller technique de l’Elysée chargé de la réforme de l’Etat. La délégation a rappelé que le SETRA ne pourrait pas fonctionner dans un endroit aussi isolé que Sourdun, que le service allait perdre près de 90% de ses effectifs et que l’apport en terme d’attractivité et de retombées économiques pour Sourdun serait quasiment nul.

« J’écoute, mais je tiens pas compte »
_ Une réponse est venue directement du chef de l’Etat pendant la table-ronde à laquelle il participait, réponse largement relayée par la presse : « Ils ont tort. Ce transfert, il se fera. » « J’écoute, mais je tiens pas compte ».

Le directeur du SETRA a reçu sa lettre de mission pour mener à bien la délocalisation. Il s’appuiera pour cela sur le cabinet Cap Gemini.

Les agents du SETRA restent mobilisés pour démontrer que cette délocalisation est une ineptie : non seulement elle ne compensera pas les impacts négatifs de la réforme de la carte militaire, mais en plus elle va considérablement affaiblir un service de l’Etat dont l’expertise et la valeur ajoutée sont pourtant unanimement reconnues par ses partenaires.

Nous publions ci-dessous la réaction de l’un de ces agents, témoignage de colère et d’incompréhension :
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Mercredi 21 janvier
_ « La nuit a fait son oeuvre, mais n’a pas atténué ma colère vis à vis
d’hier : elle n’a fait que l’attiser. Dans quel pays vivons nous ? Je
n’ai plus non seulement honte de travailler pour ce ministère
dégénérescent : je me pose désormais des questions quant au fait
d’être fonctionnaire d’état dans un pays où la seule loi est celle de
la dictature.

Comment pouvons nous accepter d’être muselés !! On ne peut même plus parler maintenant ? La liberté d’expression devient une chimère et
se résume à l’interdiction de manifester pacifiquement ?

Lorsque nous avons le malheur de dire des vérités gênantes (la délocalisation du Sétra est un marché de dupe : c’est une coquille vide qui leur est promise (ndlr : aux élus locaux) et qui ne redynamisera jamais l’économie locale) ; on est accusé de « conservatisme » et surtout pour s’assurer que personne n’ait la possibilité d’entendre nos arguments on nous musèle, on nous parque comme des animaux, on nous interdit de discuter entre nous, on nous « confisque » nos clés de voiture ou nos papiers d’identité, on sort les pare-buffles, on mobilise la gendarmerie, les forces de police, les CRS, les RG. Tout ce déploiement de force pour une centaine d’agents de notre Service ! qui plus est pacifique !

Les médias et les élus ont quant à eux été encadrés de près (parcours fléchés pour bien s’assurer que personne ne pourra voir le moindre agent de notre service).

Maintenant, tous nos « responsables » – et ce jusqu’au plus haut niveau depuis notre dernière rencontre avec le conseiller technique de l’Elysée – savent parfaitement que notre délocalisation est un non sens et une erreur stratégique, mais ils feignent l’ignorance.

Y a-t-il encore un espoir que la démocratie reste de mise dans notre pays ? »

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En soutien avec le SETRA, signez leur pétition et diffusez leur carte de voeux (voir article).

A télécharger également ci-contre à gauche :
– le communiqué de la FEETS-FO
– le tract du SETRA réalisé suite à la visite du chef de l’Etat à Sourdun

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