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Projet de loi de finances 2008

C’est un pragmatisme obstinément libéral qui caractérise le projet de loi de finances 2008 dont la présentation se résume à une pure formalité, ses grandes lignes étant déjà largement connues. Alors que la croissance subit un sérieux coup de froid, le projet de loi tel qu’il est présenté confirme des mesures en opposition totale avec la relance économique dont la France a impérativement besoin.
Force ouvrière condamne le pari absurde du paquet fiscal – économiquement inefficace et socialement injuste – qui permettra aux revenus aisés de gonfler leur épargne et de nourrir la bulle spéculative. Ces concessions indécentes sur l’ISF et la quasi-suppression des droits de succession va pénaliser la croissance et va une nouvelle fois affaiblir les mécanismes de redistribution déjà entamés par la réforme de l’impôt sur le revenu appliquée en 2007.

De même, l’abaissement du bouclier fiscal à 50% des revenus renforce le développement des privilèges fiscaux et annonce la fin de l’impôt sur la fortune. La prise en compte de la CSG et de la CRDS dans ce bouclier fiscal est totalement inacceptable alors même que le gouvernement instaure des franchises médicales pour compenser le manque de recettes de la sécurité sociale, elle-même privée de ressources du fait des exonérations sociales.

Pour Force ouvrière, cette amputation des recettes de l’Etat ouvre la voie à la sclérose économique et sociale : en bloquant la dépense publique, ce sont les investissements, en particulier dans les dépenses d’avenir – éducation, recherche, technologies de l’environnement – et les besoins réels de consommation qui sont ainsi rationnés.

De la même manière, elle dénonce le traitement de choc infligé à la fonction publique amputée de près de 23 000 emplois. On ne peut à la fois disserter en permanence sur la nécessaire réduction des inégalités et saper un des fondements de notre modèle républicain. Force ouvrière condamne tout particulièrement la suppression de 11 000 postes dans l’éducation et l’absence de création de nouveaux postes dans la recherche, deux secteurs-clés pour la croissance. Force ouvrière rappelle au gouvernement son engagement à discuter de l’avenir du service public et lui demande en conséquence de geler les suppressions de postes statutaires.

Enfin, pour Force ouvrière, le déficit budgétaire affiché par le projet de loi de finances est condamnable, non pas parce qu’il existe mais parce qu’il résulte d’une tendance récessive et non de la volonté du gouvernement de procéder à une véritable relance de notre économie. La France n’est effectivement pas en faillite, en revanche ce projet de loi de finances annonce la faillite de sa politique économique.
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Communiqué de la confédération Force ouvrière du 26 septembre 2007

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