Les conditions de travail ?

A quoi peut bien servir un ingénieur dans notre ministère ? C’est la question qu’on peut se poser au vu de la situation existante en DDT des Alpes Maritimes (06). Le bâtiment (propriété du Conseil Général) qui abrite plus d’un milliers d’agents est en effet dans un état de délabrement tellement avancé, que les expertises diverses effectuées en 2010 concluent :- « compte tenu des éléments découverts …il ne nous est pas possible de démontrer la tenu de la structture dans le temps face aux actions et aux aléas auxquels elle est soumise » (mai 2010 NECS)
– « les bâtiments … sont dans un état de dégradation pouvant conduire à un effondrement principalement lié aux appuis dégradés des poteaux en rive de dalles porteuses » (septembre 2010, CSTB)
– « la qualification de péril imminent ne peut être écartée » (CETE MED 21 octobre 2010)
– « à défaut d’une évacuation imminente, il serait prudent de mettre en place un processus de surveillance : évacuation en cas de vent très fort, neige importante, gel, interdiction de déplacer des charges lourdes à l’intérieur des locaux .. » (25 octobre 2010 NECS)

Devant tant d’incohérences techniques et un discours vraiment incompréhensible (les techniciens n’ont vraiment rien compris aux problèmes des dirigeants qui doivent mener à bien la REATE et laisser les agents dans ces locaux encore un moment), les décideurs grands experts en tenue des bâtiments que sont le préfet et son DDT (administrateur civil) décident de gagner du temps en questionnant le CGEDD. La réponse est lapidaire (voir le rapport joint) :
« ferraillage très insuffisant », « résistance du béton moitié moindre qu’escomptée », « les liaisons poteaux planchers présentent un risque de rupture brutale, cette rupture pouvant conduire à l’effondrement partiel ou total des ouvrages ». rupture pouvant être déclenchée par l’évolution des ouvrages ou bien des sollicitations extérieures comme « vent fort », « secousse sismique même modérée ».

Cette fois, pense-t-on, ils ont compris ? Et bien non, le discours reste rassurant (le CGEDD raconte des bêtises, dit le DDT à ses agents) et le rapport soigneusement caché, à l’abri du regard des agents qui, à force d’insister, en obtiennent une copie … fin janvier. A ce moment, le Conseil Général, qui occupait une partie du bâtiment, a, lui, évacué ses agents. Mais pas l’Etat exemplaire, soucieux du bien être de ses agents, qui veut occuper les lieux jusqu’en mai (pour la DDT) et novembre (pour la préfecture). Après tout, que peut il se passer ? Un coup de vent, une secousse sismique modérée dans le secteur le plus sismique de l’hexagone, pendant que plusieurs centaines d’agents travaillent ? Effondrement du bâtiment ? Quelques ETP en moins, tout au plus … de toutes façon, ces services sont en sureffectif …

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